11.02.2009
CHATOU, UNE RUE, UN NOM
Voie nouvelle créée le long des usines Pathé longeant le cimetière et reliant la rue Emile Pathé à la rue du Lieutenant Ricard, un temps appelée rue Transversale: créée en 1913 par Emile Pathé qui en fit don à la commune, cette voie reçut le nom par délibération du 12 mars 1939 sous la municipalité de Jules Ramas de rue Edouard Branly en hommage au père de la TSF. Né en 1844, celui-ci avait en 1890 découvert « la constructibilité intermittente des radio conducteurs et la fermeture à distance d’un circuit de pile, sous l’influence d’une étincelle de décharge d’un condensateur » selon la communication qu’il en fit à l’Académie des Sciences. Neuf ans plus tard, Marconi devait perfectionner l’invention et envoyer à son tour le premier télégraphe sans fil à travers la Manche à Edouard Branly. Edouard Branly, à qui des milliers de personnes durent la vie sauve par l’envoi des S.O.S., mourut le 24 mars 1940 à Paris et reçut des funérailles nationales. Les applications de la télégraphie sans fil sont sa postérité.

Avenue des Chalets : créée sous le Second Empire par référence au style de l’architecture de villégiature des bords de Seine, elle fut baptisée avenue Aristide Briand le 11 août 1932 par la municipalité de Léon Barbier. Peu de rues portent le nom d’Aristide Briand. Et pourtant à sa mort, un hommage unanime lui fut rendu : vingt-quatre fois ministre, onze fois président du Conseil, on retint de lui une action de tolérance et d’apaisement au sujet de la Séparation des églises et de l’Etat en 1910, ses paroles surprenantes concernant la grève générale des cheminots qu’il venait de briser la même année : « s’il avait fallu aller , pour le bien du pays, jusqu’à l’illégalité, je l’aurais fait ». Il est surtout celui qui tenta une improbable réconciliation franco-allemande avant l’élection d’Hitler sous la République de Weimar : à travers les accords de Locarno en 1925 avec le chancelier Gustav Stresemann, à travers ses discours fameux à la Société des Nations dont il fut le brillant orateur. Lorsqu’il mourut le 7 mars 1932, la violence et la dictature n’attendaient qu’une élection pour triompher en Allemagne. La crise économique et l’esprit de revanche avaient tué l'entente poursuivie par le tribun. (Pour en savoir plus se reporter à l'ouvrage de Bernard Oudin, "Aristide Briand", réédité chez Perrin - 2004)

Avenue des Vauxcelles : du nom d’un lieu-dit de Chatou de l’Ancien Régime, cette avenue fut baptisée avenue Paul Doumer le 11 août 1932 par la municipalité de Léon Barbier en hommage au président de la République assassiné le 6 mai 1932 par un russe, Gorguloff, lors de la fête du livre organisée pour les Anciens Combattants.
Elu le 13 mai 1931 par le congrès de Versailles, Paul Doumer portait une aura de légitimité avant même son élection. Conseiller municipal puis adjoint au maire, il était entré à la Chambre quarante ans plus tôt, en 1888, lors d’une élection partielle. Républicain confirmé, il était devenu ministre des Finances en 1895-1896 puis gouverneur général de l’Indochine jusqu’en 1902, président de la Chambre en 1905, sénateur en 1911, ministre d’Etat en 1917 puis président du Sénat en 1927. Son engagement républicain, centriste et colonial, lui réserva les faveurs des modérés de tous les partis de la IIIème République. Pendant la Grande Guerre, Paul Doumer perdit tous ses fils au front. Il vint un temps à Chatou en villégiature dans les années 20.


Rue de la Gare : cette voie créée avec l’arrivée du train en 1838 fut baptisée avenue du Maréchal Joffre par la municipalité de Léon Barbier le 13 février 1931 en hommage au chef des armées Alliées de 1914 à 1917. Le maréchal, né en 1852, avait commencé sa carrière militaire dans la construction des fortifications de Paris. Entré à l’Ecole Polytechnique à 17 ans, il avait épousé l’arme du Génie et était parti faire la campagne d’Indochine réclamée par Jules Ferry en 1885, au cours de laquelle il fut décoré de la Légion d’honneur. On le retrouva en 1892 au Soudan où il fit construire des voies ferrées, puis dans les fortifications du port de Diego-Suarez, à Madagascar, sous les ordres du général Galliéni. Devenu général de division en 1905, il épousa en secondes noces Henriette Penon, fille du décorateur de l’impératrice Eugénie, Henri Penon, qui résidait rue de Sahüne à Chatou. Nommé chef d’état-major de l’armée en 1911, il assuma la conduite de la première partie de la guerre, évitant de justesse l’invasion en 1914 aux côtés de Galliéni et stabilisant le front. Il mourut le 3 janvier 1931 à Paris.

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